J’ai testé pour vous : aller au boulot en trottinette

J’avoue je suis une vraie feignante quand il s’agit d’aller au boulot. J’habite à un quart d’heure à pied de mon boulot, et c’est quand même pas compliqué c’est tout droit et en descente. Pourtant je fais tous les jours 5 minutes de marche pour aller prendre le bus qui passe plus bas, qui met lui 10 minutes lorsque tout va bien, 20 lorsque ça bouchonne, et je remarche 5 minutes de l’arrêt à mon boulot. Je suis tributaire des horaires de bus et il m’arrive même de courir pour l’avoir et ne pas le louper. Je gagne pas grand-chose, mais c’est tellement plus reposant de se poser dans le bus en écoutant la radio et en lisant Twitter que de marcher, d’avoir mal aux pieds, ampoules comprises pour arriver au boulot et avoir juste envie d’aller se recoucher (voir aller prendre une douche les jours de canicule).

Le vélo c’est juste pas possible. A moins d’arriver rouge écarlate, trempée de sueur jusqu’au bout des cheveux, ceux-ci en bataille, les cuisses  durcies par l’effort de 5 minutes de vélo. En plus j’aime pas rouler sur les routes et c’est interdit de rouler sur les trottoirs.

Alors alternative jeune et carrément dans l’ère du temps, je me suis dit « et pourquoi pas en trottinette ? ». L’idée m’est venue suite à une ballade (la première de toute ma vie) en trottinette pendant les vacances. Facile, sur une piste cyclable bien lisse et un beau béton, quasiment pas de gens à presque renverser, et surtout une trottinette de compet’ qui n’avait pas deux mais 4 roues, histoire d’être plus stable. Parce que l’équilibre et moi ça fait deux et que je suis pas assez casse cou pour risque de me casser une patte, alors que faut bien l’avouer, peu de risque d’avoir un accident mortel en trottinette.

photoDepuis mon retour de vacances, je n’attendais qu’une chose, du beau temps, en tout cas pas de pluie, et voila qu’enfin après 3 semaines à scruter le ciel tous les matins, le jour est enfin arrivé ! C’est donc avec fierté mais une bonne boule de stress au ventre, que j’ai sorti les baskets, le jean, et la trottinette pour aller faire la casse cou sur les trottoirs. Sans avoir rien testé avant, sans avoir jamais fait attention si les trottoirs étaient praticables, en tout cas, tout ce que je savais c’est que pour aller au boulot, c’est un faux plat qui descend, des trottoirs larges et peu de gens. Pas trop d’effort donc, mais le principal est d’avoir le pied sur le frein quand même histoire de pouvoir freiner, ne serait ce que pour traverser les rues et éviter de se faire renverser par les voitures et/ou rouler sur un passant au passage.

Me voila donc partie. Un peu hésitante au départ, les yeux rivés sur le sol à guetter le moindre trou, le moindre obstacle, la moindre plaque d’égout, à rouler dans une bruit assourdissant, libre comme l’air. Je prend de la vitesse, de l’assurance. J’ai l’impression d’être une vraie femme moderne, comme le papa que j’ai vu la semaine passée, emmener son fils à l’école, le bébé dans le dos, tous deux à trottinette (le papa et le gamin, pas le bébé XD). J’ai l’impression que tout le monde me regarde. Les passant s’écartent pour me laisser passer. Je lis la crainte dans leur yeux, on dirait que je vais leur tomber dessus, leur rouler sur les pieds ou les envoyer voler sur la route. Je maîtrise le frein à la perfection, j’arrive à esquiver les plaques d’égout, les trous, les papiers qui traînent sur le sol. La première partie du chemin (faux plat en descente et trottoirs larges) défile à grande vitesse, je pose à peine le pied par terre. Sans aucun effort. La suite un peu moins. Obligée sans cesse de ralentir. De poser les pieds par terre pour éviter de renverser les gens, parce qu’il y a toujours des casses-couilles garés sur les trottoirs (alors qu’ils n’ont pas le droit) et que l’on a à peine la place pour deux de passer. Même à pied ces automobilistes me dérangent.

C’est finalement, après 10 grosses minutes de trajet que j’arrive enfin au boulot. Croisant le bus de 40 que j’ai l’habitude de prendre. J’ai rien gagné aujourd’hui, j’ai été aussi vite que le bus. La feignante dans ma tête râle. J’aurai bien été me recoucher. J’ai chaud, soif, je suis décoiffée. Les muscles des bras et des jambes bien durcis. Je dois être toute rouge. Alors que la sportive qui dort bien profondément en moi se réveille. Enfin je veux dire, elle ouvre un œil. Petite fierté j’avoue. J’ai réussi, j’ai osé. J’ai pas eu peur. J’ai été au boulot en trottinette.

Rendez-vous sur Hellocoton !

8 thoughts on “J’ai testé pour vous : aller au boulot en trottinette

  1. Tu es arrivée en même temps que ton bus ? Ne sois pas déçue. Tu t’es dépensée, musclée et cette fatigue est plus que bonne pour bien débuter une journée, qui plus est, de travail. D’ici quelques jours/semaines, tu arriveras avant le bus, sans rougeur et sueur au visage ^^
    Monsieur s’en est achetée une également (une 2 roues avec amortisseurs). Et bien qu’il soit assez sportif, la trottinette fait pas mal travailler ses muscles inférieurs et il adore ça. Il l’a acheté pour le loisir mais compte bien, prochainement ou au printemps 2013, l’utiliser comme moyen de transport pour se rendre au boulot (alterner avec le vélo actuel).

    Bravo et bonne continuation !

    1. Merci ! Le retour était tout aussi fatigant et j’ai mis 2 fois plus de temps que le bus mais c’est la liberté qui prime quand même. J’ai pu aller à mon rythme en me laissant glisser …

  2. Super ! Ton expérience tombe à pic 🙂 je cherchais une alternative à la marche à pied / la voiture pour un trajet « maison/école/gare (pour ensuite me rendre au travail)
    Tout comme toi le vélo me fait un peu peur sur la route (surtout s’il y’a mon petit assis derrière) et ensuite le laisser à la gare toute la journée ?? Glooops
    La trottinette ça a l’air trop cool 🙂 ce serai pas LA solution mais pour le délire j’aurai bien aime
    Cool 😉

  3. Moi je suis une adepte du vélo. Si tu as 15 minutes de marche alors en vélo ce ne serait rien, beaucoup plus rapide que le bus, et que la trottinette. C’est vrai qu’au début on est essoufflée, mais c’est comme tout effort, on s’y habitue et au bout d »un moment ça ne nous fatigue plus. Je te conseille d’en faire pendant ton temps libre pour améliorer ton endurance et ensuite d’en faire ton moyen de transport pour aller au travail. En plus avec un panier pour le sac c’est top 😀

    1. C’est rigolo, je l’ai ressortie il y a quelques semaines pour retenter l’expérience. Même constat qu’il y a 4 ans. Elle est retournée au garage 🙂

Laissez moi un commentaire !