Se dérider

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Il paraît que dans le parcours d’une ambassadrice il y a un moment un peu clé. Celui ou on a des doutes, et qu’on se demande si on est vraiment fait pour ce job.

Ça fait maintenant 6 mois que je suis ambassadrice du bonheur et je crois que j’y suis. 6 mois que je m’éclate en réunion, 6 mois d’investissement personnel et 6 mois de pur bonheur ! Il y a peut être un mois, j’étais prête à tout plaquer pour faire ça à plein temps. C’est que le succès est la, il y a de la demande et tout un tas de clientes qui ne demandent qu’à découvrir mon univers.

Sauf que depuis le début de l’année, je ne gagne plus rien. Mes réunions sont soit annulées, soit je fais des chiffres tellement bas que je gagne juste de quoi rembourser mes frais. Avec le mariage qui approche et la pression du budget, je commence à croire que je m’investis pour rien et que ce n’est peut être pas pour moi.

Des échecs ça amène à des réflexions, des remises en question. Et finalement, on s’auto-analyse pour comprendre qu’est ce qui cloche. J’ai une capacité assez exceptionnelle à m’auto-analyser, et d’ailleurs c’est drôle mais j’aime bien ça. J’aime bien comprendre ce que je fais de mal pour ensuite trouver comment me corriger. Parfois c’est simple, parfois non.

Le gros point positif de ce job, c’est qu’on est pas tout seul, et qu’on bénéficie d’un soutien de la part de notre « leader ». On l’accepte ou pas, c’est selon comment on se sent. Moi j’en avais besoin. C’est d’ailleurs pour ça que j’aime cette aventure, parce que j’ai l’impression de faire partir d’une grande famille et qu’on est jamais seuls. Toujours soutenus.

D’auto-analyse en auto-analyse, j’ai compris beaucoup de choses. Et c’est pourquoi aujourd’hui j’ai autant de doutes.

Ce qui en ressort ? Que je n’ai pas assez confiance en moi. Que je ne crois pas en moi. Que j’ai toujours peur du regard des autres. Et que je crois toujours savoir ce que les gens pensent ou en disent.

Et quand vous vendez des sextoys en réunion, forcément, il arrive un moment ou ça se ressent. Je milite pour la fin du tabou sexe et pour le droit au bonheur sous la couette mais je suis coincée. Oh pas coincée comme vous pensez le savoir, coincée par l’image que j’ai de moi.

Ma leader m’a dit hier qu’il fallait que je me déride. Que je renvoyais peut être une image trop sérieuse et inaccessible à mes clients, c’est pourquoi il y a cette distance que je n’arrive pas à réduire.

On m’appelle souvent Madame en réunion. On me vouvoie quasiment tout le temps. On se confie jamais à moi. Et lors de la prise de commande j’ai l’impression que j’impressionne tellement que les gens ont peur de moi.

C’est bien d’être sérieuse, soft et sophistiquée. Parce que c’est aussi l’image de ma société que je veux renvoyer. Sauf qu’il faut que je me déride. Que j’arrête de fixer des barrières entre mes clients et moi. Que j’arrête de me prendre au sérieux et que je déconne de temps en temps.

Mais comment déconner lorsque j’ai peur du regard des autres ? Comment reprendre confiance en moi ?

Moi si originale et si différente, si endurcie par la vie et si heureuse. Comment pourrais-je être différente ?

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3 thoughts on “Se dérider

  1. En fait c’est tout simple … Fais tu tes réunion en pin up que aime être, et que tu est au fond de ton toi ??? Le commerce coquin, c’est la simplicité ou rien n’est jamais obligé…

  2. Moi je dirais que cela fait juste 18 ans que je suis timide envers les gens et qu’on me dit le contraire… J’ai toujours considéré la vente comme une seconde peau, une sorte de personnage de théâtre. Alors cette peau me convient bien, elle me permet de me dépasser et de « démystifier » les gens que j’ai en face de moi. Qu’on vende des sex toys ou des stylos, c’est pareil. Dans la vente, on perd souvent de vue que nous ne sommes qu’un outil de vente, l’investissement de notre personnage et l’implication personnelle devient celle qu’un ventriloque donnerait à sa marionnette. Regardez Jeff Dunham, ventriloque américain. Jamais il n’oserait proférer de telles bêtises lui-même… sauf que quand c’est sa marionnette alors tout devient plus facile. J’ai pris plaisir une fois à vendre à un groupe de femmes des sex toys là où les mots masturbation et orgasme étaient presque des tabous et une honte. Mon personnage (n’est-il pas un moi que je n’ose accepter au fond…) à fait mouche en ramenant le débat à une vente basique et à leur dire « et si un homme savait vous parler de vos masturbations et vos orgasmes comme de belles choses ». Ne doutez pas de vous « Madame » :-) et surtout dîtes vous que du début à la fin de votre vente, vous enfilez une peau, celle qui va vous faire partager la vie de vos clientes. Personne ne montrera du doigt votre propre sexualité qu’ils n’ont d’ailleurs pas à connaitre. Encore une fois, vous avez pointé le doigt sur une vérité, vous n’êtes qu’une image de votre entreprise, vous n’êtes pas l’entreprise. Laissez vous envahir par cette image et vivez là avec cette nouvelle peau. Vous ne couperez pas au fait que les gens assimilent en partie l’objet de votre vente à votre personnalité, il est clair qu’une femme qui vend un stylo est moins tabou qu’une femme qui vend un vibromasseur lumineux à rétro pédalage intégré! Seul conseil, faîtes que votre personnage en joue à loisir de ce tabou.

    1. Votre message m’a fait sourire. Un grand merci pour ces quelques mots. J’aime le théâtre pour incarner un personnage mais je n’avais jamais envisagé la vente de cette manière !

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